La course à pied Les blogs courseapied.net : Linda

Le blog de Linda

Flux rss du blog, des réactions

Les derniers billets

Mes catégories

Mes liens


Le forum courseapied.net

Le chat courseapied.net

Les blogs courseapied.net

2008-06-09 14:10:08 : Ce coach, ce mystère....

Un jour j’ai eu envie de l’étrangler,
Un jour j’ai eu envie de l’embrasser,
Un jour j’ai eu envie de l’épouser,
Un jour j’ai eu envie de divorcer….

Lui qui détient la clé de notre cœur de sportif.
Il est le seul, à être autorisé à entrer sans frapper.

Parcequ’un jour, nous avons eu envie de compter sur lui, de nous remettre à lui, sans pudeur, sans états d’âmes.
Il a fallu pour cela, lui montrer notre âme, celle qui n’est pas visible à l’œil nu, celle que personne ne connaît, celle qui a plusieurs facettes, plusieurs couleurs…

Il a bien fallu lui montrer, pour qu’il observe, qu’il fouille, à l’intérieur de nous, qu’il retire le mauvais pour construire du meilleur.
Ainsi, il nous observe durant des heures, des jours, voir, des années. Il étudie nos faits et gestes, il tente un programme adapté à notre physiologie et notre morphologie, il pose même des chiffres sur un bout de papier.

On ne sait pas vraiment l’investissement qu’il déploie, la seule chose que l’on voit, c’est ce programme qu’il nous a rédigé sur une feuille A4, c’est sa présence sur le terrain où, la plus part du temps l’on se dit, tiens il est là par hasard.

Non, ce n’est jamais un hasard s’il est là, c’est parcequ’il veut voir ce que l’on a dans les tripes, ce que l’on peut donner, ce que l’on peut recevoir, jusqu’où on peut pousser notre tête et notre corps.
Ces mêmes sentiments que l’on ignore sur soi, jusqu’à notre rencontre avec cet homme, « ce savant ».

Parfois, il est là, mais on ne le voit pas, parceque c’est « un homme de l’ombre » toujours prêt à intervenir s’il on a une moindre faiblesse, une faille.
Au début il nous gène, parcequ’il fouille trop au fond de nous, il cherche la petite bête, c’est pour cela que parfois on le déteste, il ne montre jamais une satisfaction face à notre réussite, car il sait toujours que l’on peut faire mieux.

L’intimité s’installe, outre le fait de lui ouvrir notre cœur de sportif, on lui impose nos doutes du moment, cet échange profond que lui seul peut accommoder à notre sauce, que lui seul peut nous donner « des circonstances atténuantes » sur une défaite. Et lorsqu’il ne le fait pas, on le déteste, parceque lui seul détient l’absolution , à nos yeux.

Il n’est pourtant pas responsable de nos échecs mais cette intimité partagée nous oblige à l’impliquer, à lui demander des comptes, à lui balancer « je n’y arriverai jamais ! » tout en espérant, en recherchant un réconfort de sa part.

Ce réconfort qu’il nous apporte au quotidien, ce partage d’émotion, devient notre raison de continuer à atteindre cette barre, voir là dépasser, un jour. On donne tout ce qu’on a, et même ce qui est planqué au fond de nous, pour lui, pour montrer qu’il ne s’investit pas pour rien.

C’est lui un jour qui nous a dit « tu peux le faire », alors qu’on se croyait « minable » « petit », il nous a donné cette force de se battre de défendre ses chances, car on a toujours une chance, encore faut-il avoir l’audace de la tenter.

Et puis on est partagé avec le doute de soi, la peur de le décevoir, de lui faire croire que si je n’ai pas réussi, c’est que lui a échoué, non je ne veux pas m’embarrasser de ce sentiment, alors il faut que je gagne, que je relise une dernière fois cette feuille A4, qui étais posée sur ma table de chevet, que je relisais tous les soirs comme une prière.

Sur le couloir du ring, sur le cours, sur le terrain, sur la piste, sur le stade, je le sens mais je ne le vois pas, il est pourtant juste derrière moi, je suis rassurée, je me sens protégée, je me sens forte, je vais enfin lui montrer, qu’il n’a pas fait tout ça pour rien, je veux en découdre, je veux tout casser, je suis prète, j’ai envie de le serrer dans mes bras, j’ai envie d’entendre une dernière fois, avant de monter sur ce ring, sa voix rassurante et chaude son ultime phrase qui me fait tant bondir « Je crois en toi »…..j’ai presque envie de lui crier « je t’aime ».

Merci à toi, Daniel.
Merci à tous les coach.

Les réactions

Par Romain, le 2008-06-09 14:29:11
Bonjour LINDA,
alors là , bravo , très beau texte , on en redemanderait , et surtout très bel hommage à ton coach
j'imagine que dans ta carrière de boxeuse tu en as vécu de belles émotions partagées , dans la joie comme dans la peine
bonne suite !

Par Linda, le 2008-06-09 14:37:13
Merci Romain, tu es mon 1er "public", je viens de sortir ce machin de mon coeur et je ne savais pas où j'allais finir et comment il allait être interprété. L'inspiration m'est venue hier, en croisant les Kwak au 10km, ils avaient tous un visage de "gagnant" "heureux" tous unanimes vis à vis de leur coach.. et ça m'a tout simplement "ramené" au mien.
Encore merci pour ton passage sympa.
Linda

Par Romain, le 2008-06-09 15:36:18
Oui en général les coureurs qui se laissent coacher par leur entraineur lui font confiance sinon ils ne resteraient pas avec lui
j'comprends tout à fait l'ambiance hier des kawaks surtout si certains battent leur record
tu n'as plus qu'à te faire coacher pour revivre des émotions nouvelles en course à pied !
bon re run !
ps : bravo pour Bures , j'devais y aller aussi cette année , mais pas pu hélas
bye

Par gérardM, le 2008-06-09 15:45:45
Bonjour linda
très bel hommage aux coachs qui le méritent bien
très beau texte aussi, plein de bons sentiments, d'amour même.
J'apprécie ton billet à sa très juste valeur
merci et bonne continuation
amitiés
gm

Par mielou, le 2008-06-09 16:03:07
un texte qui sort de l'ordinaire
une réflexion sur ce fameux coach
du Linda qui se découvre
joli essai ou quelques rares aigris trouveront toujours à redire mais ta jambe s'élève si vite...
je t'embrasse miss

Par yannnnn, le 2008-06-09 16:14:57
Magnifique plume pour magnifiques hommages ! C'est si bien ressenti, si bien dit!
Bizzzzzzzz

Par Sedef, le 2008-06-09 17:09:58
Salut Linda,
content de t'avoir revu.
Tu as toujours autant le punch.

Par Parisi, le 2008-06-09 17:10:13
Bojour Linda

D'un coté je ne suis pas surpris que tu ai écrit cela et d'un autre , au début de ma lecture , j'ai trouvé ça si bien écrit et si bien dit que j'ai cru un moment qu'il s'agit d'un copier coller d'une rubrique qui t'avait inspiré .

Merci pour cette éloge aux coachs et je suis très content de t'avoir enfin revu hier à Vincennes .

Tu t'es fait attendre mais c'est parce que tu le vaut bien !!!! lol lol

A la prochaine !!!

Bises Parisi

Par LINDA, le 2008-06-09 17:28:48
Romain : ..et ce qui est fou dans tout ça, c'est que moi aussi je me retrouve des 2 côtés de la barrière donc je connais ce sentiment des 2 faces!! Bures 2009?? chiche?

Gérard : merci, à toi surtout, pour tout ce travail de coach. C'est bien aussi de le dire haut et fort parfois que "c'est bien", dans ce monde on a trop tendance à dire ce qui ne va pas, mais jamais ce qui va bien. Aussi, une tendance à ne jamais remercier, et pourtant...

Mielou : comme je le disais plus haut, une inspiration des heureux kwak et hier j'ai vu un beau reportage sur des boxeuses (sur Arte), j'ai ressenti une pulsion lorsque le coach de la boxeuse a accompagné sa "tireuse" sur le ring.
ne jamais oublier "qui" nous a fait ce qu'on est aujourd'hui, et dans tous les domaines, c'est valable!

Yann : merci, ha quand le coeur parle, on aime l'écouter.

Sedef : moi aussi contente d'avoir eu pour moi toute seule un gps sur pattes, j'espère avoir d'autres occas de se revoir. bises

Parisi : oh merci de ce charmant compliment, j'avais envie de leur dire à ces "savants" là, combien ils sont bons et dévoués. En espérant toi aussi te revoir avec ta pêche parisienne!

Linda

Par ric69, le 2008-06-09 20:54:10
Hello Linda
Des récits comme ça, ça donne envie d'être coach à condition de coacher des Linda comme toi. Moi, mes meilleurs coachs ce sont mes amis du tri parce que ce sont les seuls qui comprennent bien de quoi je parle et je suis pas trop mal placé pour comprendre de quoi ils me parlent. Bref on se connaît plutôt bien. Dans tous les cas, c'est forcément des liens qui dépassent largement la relation ordinaire. En + c'est pas un boulot facile le coaching parce que finalement c'est parfois fragile un sportif. C'est gentil de leur publier un post parce tous ces coachs sont plutôt dans l'ombre, enfin généralement.
A+

Par piermer, le 2008-06-09 21:36:36
Et de l'ombre jaillit la lumière ...
Encore une fois Linda ton éclairage permet de souligner effectivement que "l'on a trop tendance à dire ce qui ne va pas mais jamais ce qui va bien"
Pas beaucoup de mots à rajouter à ton texte plein de sensibilité et d'émotion car j'aimerai dire que le plus important est ce que l'on ressent quand on est "au fond du trou " ou "que tout va mal" et çà c'est le plus difficile à décrire : et tu y es parvenue . Un bien bel hommage . Bises ....

Par gérardM, le 2008-06-09 22:02:43
merci linda pour ton appréciation
tu sais que j'aime la boxe , aussi, mon père était boxeur et j'apprécie ce noble art.
Amitiés
gm

Par rick12, le 2008-06-09 22:25:28
Salut Linda,
C'est quand/ou ton prochain combat?
Pas mal le fouetté....!

Par rick12, le 2008-06-09 22:26:48
Et au sujet des coach...Y a des gros cons aussi....et aussi pas mal d'histoire de pédophilie et autre abus...!

Par Brinouille, le 2008-06-09 23:30:56
héhé tu n'a pas résisté une fois de plus à Rocky ; )

Par thyo, le 2008-06-10 06:09:49
quelle déclaration !! Tu vas créer des vocations de coaching. c'est superbe.

Par LINDA, le 2008-06-10 10:52:28
Piermer : Merci à toi, t'es adorable, tu as tjrs des mots sensibles aussi pour moi!! Tu as tout compris, la fragilité du sportif est à fleur de peau, parce qu'on lui demande toujours plus et, seul le coach, peut justement comprendre cet état puisqu'il fait partie, finalement de cette chaîne de progression. merci encore. bises

Gérard : oui, j'ai vu que toi aussi tu as été "élevé" dans le monde de la boxe. merci.

Ric69 : Sûre que parler le même langage,ça aide et ça créé des liens très profonds. Vrai, qu'à un certain niveau sportif, on peut se coacher "entre nous", car l'expériance des uns sert à l'expériance des autres. Même si tout le monde ne peut pas être coach,on peut savoir faire mais pas savoir transmettre
car s'est tout de même "un métier"... Donc, oui,il faut leur rendre un vrai coup de chapeau!
Pas de problème, si tu veux me coacher, tu peux commencer à relever tes manches (tu ne sais pas dans quoi tu t'engages!!) Bises

Rick12 : bien vu pour le fouetté...je ne boxe plus (depuis longtemps) en compétition..juste à l'entrainement.
Je ne connais pas de "méchant" ou "Pédophile???" coach..mais c'est sûre que des cons, y'en a partout..

Brinouille : hé oui, je ne peux pas m'en empêcher!! bises à toi, j'espère que ta cheville se remet?

Thyo : Je ne sais pas si je vais créer des vocations, mais j'espère que tous les coach (d'ici) m'ont lu, car ce message "d'amour" est pour eux. Merci d'être passée Thyo et grosses bises à toi.

Linda

Par Mika B, le 2008-06-10 11:31:04
Salut Linda....
Quel beau déroulé pour ces sportifs(caoch) qui font souvent les frais de la méforme des athlétes.....
"C'est pas ma faute, c'est la faute du caoch" simpliste mais si réel.
Merci pour eux, surtout pour les bénévoles........
Heu! j'envoie un bisou à mon entraineuse favorite.............Mika

Par , le 2008-06-10 11:41:47
quel bel hommage aux coachs surtout les bénévoles qui donnent de leurs temps sans compter
bises
laurent

Par LINDA, le 2008-06-10 14:26:58
MIKA B : mdr!! tu es le pro des onomatopées.. caoch (k-o-ch) au lieu de Coach, c'est comme moi qui dit toujours le "punch" au lieu du "ponche" surtout que les 2 peuvent se consommer avec de la glace!! Je prends ta bise Belge (elles son délicieuses à ce qui parait!)

Laurent : OUi, c'est certain Laurent, et ici on en dénombre quelques un, de coach bénévol et volontaire : le Riri, entre autres..J'espère que tu vas bien. bises en salade niçoises, tiens!!

Linda

Par nicopsa, le 2008-06-10 15:09:34
Bel hommage en effet

Par LINDA, le 2008-06-10 17:39:43
Nicopsa : tu as été (en partie)la source de mon inspiration, lorsque j'ai croisé les Kwak dimanche avec ces regards pétillants et reconnaissants. ton boulot avait besoin d'être écrit, tout au moins sur cette toile! Dire les choses telles qu'elles sont, c'est leur donner un vrai sens de continuer.
Ce boulot énorme que tu fournis avait besoin d'être salué.

Par Bof, le 2008-06-10 20:18:14
Sortir des tableaux excel automatiquement calculés en rentrant une vma ou une fcm, pas besoin d'avoir fait l'ENA Linda ! n'importe qui peut le faire

Par riri, le 2008-06-10 21:19:20
très beau texte tata ....

je me suis reconnu à ma petite mesure de petit coach dans il a fait naitre l'etincelle , fait croire qu'on pouvait ... ça c'est tellement vrai , je pense à ma copine maria pour qui être une marathonienne etait de la folie et voila la petite maria est double marathonienne , j'ai l'impression d'avoir servi à quelque chose et ça me remplit ...

bisous en passant à Maria et bien sûr à toi notre si gentil tata linda

Par fifi, le 2008-06-10 21:46:00
riri elle est mariée laisse tomber !

Par LINDA, le 2008-06-11 09:44:53
Bof : bof, ton analyse du coach, si tu penses que ce n'est que ça un coach, si tu penses que ton tableau excel te réveille le matin et te booste pour aller courir..C'est sûre partant de là, tout le monde peut alors s'auto- coacher à la Excel!!
Mais les émotions, les partages, les sensations, les coups de pieds au cul, tout ça....ça sera "qui qui " les donnent?? ton tableau Excel??

Riri : hé bin oui, tu fais partie de ce texte, car j'ai vu dans les yeux de Maria, cette reconnaissance, cet humilité, que toi aussi tu sais transmettre !! bises

Votre pseudo :

Votre commentaire


Combien fait un plus trois ? (en toute lettre)


le doute


Le regard inquiet


l'apaisement


la complicité


le travail acharné sous l'oeil attentif


l'investissement, la force, l'amour du sport


Les 5 billets précédents

2008-05-20 14:03:22 : Mon 1er 12h à Bures s/yvette le 18/5/2008 - 56 photos - 61 réactions

Mon 1er 12 heures à Bures s/Yvette 18/5/2008
Une boucle de 2km500 à répéter pendant 12heures de 5h à 17h

**AVERTISSEMENT : compte rendu très long**

RESULTAT : 12heures effectuées, 28 tours, soit : 74 km


**********************************************
Il n’y a pas si longtemps j’ai entendu dire par un « Maître Capello Belge » que, pour que son texte soit parfait, il fallait le relire en commençant par la fin, ainsi on distingue mieux nos fautes d’orthographe.
Alors pour rendre mes 12 heures « parfaites » je vais commencer par la fin, ainsi je pourrai corriger toutes mes fautes techniques.

**Le retour à la maison**

C’est fini !! je ramasse mon sac de sport et je m’aperçois qu’il est collé au sol, Yoann, me dit « Laisse moi faire, tata ! » et il le soulève comme une plume !!

Je me dirige vers ma « tata-mobile », en essayant de ne pas marcher sur les œufs qui étaient posés au sol sur tout le chemin (sic !) Donc chaque pas posé au sol, sera calculé, métré et mes bras serviront, lorsque mes pieds rencontreront le trottoir, à faire bascule via le mur pour me soutenir.
J’aperçois la « tata-mobile », c’est drôle pendant mon absence de 12h, ils ont eu le temps de creuser une fosse de 100 mètre de profondeur pour nicher la voiture ?? Ils sont étranges dans c’te ville !!!
Du coup, il me faut une personne debout dans le rôle du « Pilier droit » et une autre à l’intérieur pour me réceptionner.
Ouff, me voici enfin assise dans la « tata-mobile », Aude me dit : c’est ok, je peux démarrer ??
A l’approche de « tata-ville », je prie « le dieu Thyssen » afin que l’ascenseur ne soit pas en panne !!
Nous descendons dans le parking et je récupère à nouveau mon sac dans le coffre, qui est, vraisemblablement à nouveau collé au fond du coffre, pour sortir de la voiture mon voisin a installé un palan où j’ai de suite envoyé mon lasso direct dans les poulies, et j’ai accroché la ficelle sur mon « mousquetaire » à ma taille, et hop, « un levé de corps d’athlète » d’un seul bloc orchestré par le chant des poulies qui grincent !!

Le dieu Thyssen m’a entendu ! l’Ascenseur selon la définition appropriée : « appareil permettant de transporter des personnes dans une cabine qui se déplace verticalement » juste ce qu’il me fallait !!!

Je rêve d’un bain chaud, je m’approche pas à pas vers la salle de bain en évitant soigneusement les œufs posés par terre (mais c’est quoi, cette manie de poser des œufs partout ?)
Pendant que je fais couler l’eau du bain (position courbée durant 10’ pour atteindre le robinet), je me redresse tel, un i (sans le point) et je tente de me déshabiller en espérant que rien n’est resté collé sur ma peau, le plus dur à été de faire tomber le short le long de la jambe, puis finir la descente du short sur le pied et le balancer façon « coup de pied du droit de Zizou » et direction « panier-corbeille » !

Puis, le soutiff (pff, vous les hommes vous savez pas !) Lorsque tu détaches les crochets du dos et que tu as l’immense sensation que tu étais enfermé 10 ans dans un corset des années 30, et là…tu détaches les ficelles !!!!

Et puis, vient « l’introduction dans le bain », la 1ère jambe : fastoche, la 2ème : il faut les 2 bras pour prendre appuis sur les poignées et se soulever de tout son poids pour sauter gracieusement tel, un mammouth qui se jette à l’eau.

Ici une petite vidéo, volée chez les Frogus.. (merci)
http://www.frogus.net/p2/viewtopic.php?t=941

***de J+1 à J+2***
Quoi, j’ai couru 12 heures 2 jours avant ?? Très peu de courbature, je monte les escaliers gracieusement, je marche normalement, tout va bien. Mon abus d’arnica en granule CH 7, 9 et 5 un mois avant, ainsi que les consignes diététiques de Yoann et ses fameuses bouteilles magiques de 0.5cl préparées avec 2 cuillères de sirop+une cuillère de sel prises toutes les heures m’ont permis une récup digne de ce nom. Yoann, tu pourras noter ça dans ton rapport.

**Le dernier tour** :
Il ne me reste plus rien sauf un semblant de courage que je laisse entrevoir à mes « boosteurs » qui sont à mes côtés. Je puise dans ce dernier souffle de la 12ème heure, dans quelques minutes je vais devenir « Douzeuriène », un mot qui n’existe pas, pourtant il aurait toute sa place dans le lexique de la course à pied. Mettre un nom à un fait, serait donc lui donner une existence. Je tape la dernière accélération en sollicitant tous mes derniers muscles répondant encore présents.
Je suis à fond, je surprends mes bras passer de l’avant à l’arrière sans préavis, je vole pour atteindre la dernière minute de cette 12ème heure, mais je m’aperçois en dernier recours que Mister Calou, qui est à ma droite ne fait que marcher… et moi, je suis à fond ? Alors je marche ou je cours vers la libération de l’appel du 18 mai, tout est enfin « terminé », j’ai envie de pleurer non pas de joie, mais de satisfaction d’avoir terminé ce challenge auquel, je peux l’avouer maintenant, je n’y croyais pas, et ce, depuis le début du 1er tour.

Qui peut dire qu’il va courir 12h d’affilée lorsqu’il ne l’a jamais fait, qui peut dire qu’en prenant un départ à 5h du mat, qu’il va tenir jusque 17h ??
Hé bien la seule réponse ne peut se trouver que dans les faits. Et je pense que lorsqu’on s’impose un défit pareil, on s’impose de le terminer ça va avec cette folie de s’engager sur un défit inconnu.
Dans la tête je me battais sans cesse avec « tu ne vas pas y arriver » et « tu dois terminer » 2 contradictions, et si ces 2 idées opposées, justement ne faisaient pas le secret de la réussite ? un peu comme ci, il y avait bataille entre le bon et le mauvais. Ce qui, « in finé » donnait plus de chance d’aboutir du coté du meilleur, c'est-à-dire du « finisheur »

Bref, lorsqu’on se met une barre aussi haute, on se doit de la franchir. Et lorsqu’on est dans l’ambiance « Challenge » ne pas aboutir serait effacer le mot « objectif », ça fait moche de dire « je n’ai pas rempli mon objectif » même si en soi, ce n’est pas non plus la fin du monde. Probablement la fierté du sportif !

** mes pensées, sur la ligne d’arrivée**

Freddy-cat : tu viens de dire "oui" pour la vie et moi je dit "oui"pendant 12h



Maman, tu aurais été fière de moi je t’entends : « Tu es folle ma fille ! »
Annie, ma sœur : tu m’as envoyé ce soleil, alors qu’ils avaient prévu de la pluie, ton sourire éternel me guide toujours vers la ligne d’arrivée.
Patrick : j’ai senti ton coup de pied au cul, comme tu sais les donner
Lolo, tu es partie si vite en mars 2008, je ressens ta force et ton courage, tu resteras pour toujours sur les lignes d’arrivées de tous les « kikou »
Papa de J2C : tu es toujours sur mon cœur, ce badge ne me quitte pas.


**de 13h à 16h30**

J’ai déjà 8h de course dans les pattes et je continue cette bataille entre « j’peux plus » et « allez vas-y », puis, je repense à 2007, où justement j’avais terminé au bout de 8h, et là, ça me fait repartir vers une nouvelle sensation de courage qui me dicte que « tout ce que tu fais c’est du bonus » et ce courage a un nom, il s’appelle TOTO, il est déjà à mes côtés à allonger cette petite foulée que je lui impose. Il anticipe mes besoins, il m’annonce mon allure moyenne par tour, qui est environ à ce moment là à 8’20 le tour, ce qui m’apporte un côté rassurant, puisque je ne possède ni cardio, ni machin-mètre..juste mon chrono que j’ai allumé au départ de la course…D’ailleurs je ne sais même pas quel heure il est.. puisque, forcément mon chrono m’annonce 8h (de course).. Si je veux connaître l’heure et l’age du facteur je suis obligée mentalement d’ajouter l’heure du départ au chiffre indiqué sur le chrono.

Une façon pour moi, d’éviter de savoir l’heure qu’il est, puisque forcément il est toujours beaucoup trop tôt. Et je préfère finalement la technique de Nenni qui est plus positive en calculant ainsi : « J’en suis à 12 moins 8 » Ainsi, il me vient par moment des petits sauts de joie (mais pas trop haut, hein !) lorsque je n’arrive plus à faire de soustraction et je me trompe en ma défaveur..(exemple : j’ai cru pendant longtemps qu’il était midi, alors qu’il était 14h !)

Donc je disais, au bout de 8h..je commence à sentir la grosse fatigue musculaire, et tout vient des genoux, je les sens « grincheux » et capricieux, ce qui m’oblige à convier d’autres parties de mon corps à intervenir pour répartir la charge de travail.

Ainsi j’utilise ma technique « d’une pierre- 2 coups » que j’ai testé lors de mes entraînements, je contracte très fort le haut de mes abdos en répartissant le poids du corps sur les quadriceps, de manière à amortir la foulée sur ces derniers, et, ainsi soulager un peu l’articulation des genoux.
Ce qui, dans la durée me permets d’alléger la douleur « genouillère », de travailler et de réveiller la tablette de chocolat qui dort en moi. (Car pour l’instant c’est pluss Nutella que tablette.)

Au détour d'un tour, j'ai l'occas de bavarder avec une super nana "coline" Elle aussi a pris le départ à 5h, elle a un bon rhytme qui colle bien au mien, elle m'explique qu'elle vient de boucler une difficile course en montagne le week end dernier et qu'elle manque de "moêlle"..et pourtant elle est là, elle aussi pour boucler un 12h..je suis épatée de sa fraîcheur!
Et plus tard, elle montera (quand même!!) sur la 1ère marche du podium!!!!!

Les tours s’enchaînent les uns après les autres, avec un nouvel air de fête, comme ci j’avais invité des amis à venir manger à la maison, mais sans besoin de mettre la table, ni faire la vaisselle.
Ainsi, ma copine Delphine débarque tout de orange vétue avec sa poussette qu’elle transforme virtuellement en poussette VTT, elle a apporté son bouquet de fleur : « son petit Mathéo », elle ne sort même pas la nappe, elle fonce tout de go gambader poussette aux mains faire un tour.
Maria, était aussi invité à cette fête, elle débarque avec sa famille, tous habillés pour l’occasion en costume de fête : des baskettes, une tenue pour courir, des vélos pour les enfants, une famille qui respire la santé, ils ont apporté un cadeau de taille !! leurs 2 enfants ont collé sur leur dos un mot et un dessin pour moi (j’en ai les larmes aux yeux !).

ils m’accompagnent tous un sacré nombre de tour, le petit de 8 ans, se met lui aussi à courir, je suis vraiment emportée par toute cet engouement, j’en oublie toutes mes douleurs !!
Puis, au croisement d’un tour, j’ai l’honneur de « biser » notre Ric2 avec sont petit bout (son fils) dans la poussette.. qui venait de faire 2 tours en courant poussette au vent !!! Mesdames, je vous l’annonce : Ric2 est un beau goss !!!

JP2 et Rachel et sa petite Emma débarquent avec le sourire et la bonne humeur, mais surtout, avec des nounours en chocolat..que Maitre JP2 s’applique à me donner un nounours par tour que j’avale sous l’œil noir de Yoann.
Rachel me fait spontanément un massage merveilleux aux genoux, moi qui croyais qu’ un massage ne pouvait s’apprécier que par des grandes mains velues et douce d’un beau Ken-Masseur en maillot léopard (je parle pour moi).
Il s’avère que les prochains tours je remercie la générosité de Rachel qui m’a rendu mes genoux moins « grinceux » (comprendre le bruit d’une vis rouillée)

Les Maîtres de la fête arrivent aussi tels, des feux d’artifice de jour : Les Calou’s, avec un goût de déjà vu, puisqu’ils étaient déjà venus m’encourager en 2007 !! On ne change jamais une équipe qui gagne, à ce qui parait !!

Puis arrive 15h le moment tant attendu, puisque ma nièce Vanessa et Aude ma fille me rejoignent, je n’attendais que ce moment, car il m’indiquait une chose : « il ne me reste plus que 2h » Et en même temps, leur bonne humeur, me boostait, elles ont fait quelques tours, courageuses, Vanéssa qui s’était couché à 6h du mat et Aude en pleine révision du BAC

**de 6h à 11h30 **
Déjà une heure de course, le brouillard est toujours là et je n’arrête pas de « balancer » à qui veut l’entendre, que « le brouillard est rapporteur de soleil », et ma logique me donnera raison, puisque déjà le soleil pointe son nez au bout de 4h de course..

Je commence à avoir chaud, je « débache » une couche : j’enlève mon gilet manche longue, et j’ôte mon corsaire pour laisser place au short court bronzage visible. Au bout de 6h et sur les conseils de Delphine, je change de chaussette sèche de l’archi duchesse, en appliquant une couche de plus de Nok.

J’entame 2 ou 3 tours avec le grand L’AB, qui avait bloqué son allure à 10-11 km/h, au prix d’1/4 H le tour, on est tous les 2 encore frais et pouvons aisément papoter Eglise, paroisse, cloches, chaussettes sèches…Puis je reprends mon allure de 20 à 22’+5’de marche le tour, en pestant discrètement sur L’AB, me disant qu’à son allure à lui, je vais certainement le payer plus tard.
Et finalement, il n’en est rien, puisqu’au contraire, il m’a fait gagner du temps et de la distance et certainement un tour, puisque par la suite, je vais nettement ralentir et passer à casi 25’le tour + 5’ de marche.
Je vais « rouler » casi toute seule dans cette tranche horaire, en ne quittant pas mon objectif de la tête, je suis bien dans mes jambes, et chaque tour, mon neveu Yoann me donne la becquée avec ses préparations dosées en fonction de mes dépenses caloriques et mon état de forme que je lui expose à chacun de mes tours.

Je ne vais pas cesser, à chaque tour me demander où est passé l’AB, car au bout de 3h ou 4h de course je l’ai vu blessé du genou, j’ai bien tenté un massage, mais ça n’a visiblement pas suffit à calmer sa douleur.

J’avoue être un peu inquiète, d’autant que je ne le croise plus, j’imagine même le retrouver derrière un buisson étalé, attendant un potentiel bouche à bouche pour le réanimer, chui un peu gênée, j’ai pas pris ma brosse à dents !! Mais je suis prète à envoyer Le Grand Robert pour le sauver.. Et c’est drôle, quelque minute après ma pensée.. je le vois réapparaître, toujours dans la course. Ouffff, le Grand Robert est sauvé !!!!

Et puis, chemin faisant, tour à tour, j’étais de plus en plus rassurée de le savoir encore en course, comme ci il était obligatoire qu’il aille comme moi, jusqu’au bout, je ne pouvais envisager qu’il stoppe avant la cloche finale. (un AB ne sors jamais de son Eglise avant la sortie des cloches)


Au bout de 5h, en comparaison de l’année dernière je constate que cette année je suis moins fatiguée et moins saturée voir même en forme.. Je mets ça sur le compte du bon calcul de Yoann avec ses mélanges de bouteilles de 0.50 cl (sirop+sel) qui me faisait boire tous les 2 tours + du jambon toutes les 4h.. Il m’explique que le jambon favorise la reconstitution du muscle.
J’avoue qu’au bout de 5 h de course, la solitude me pèse, et je dois prendre sur moi, pour ne pas parler et rire toute seule. J’évite de penser à l’effort que je fourni, il me faut absolument quelque chose pour faire diversion, alors, je plane, je m’évade en m’inventant des personnages et des ressemblances aux personnes qui passent devant moi. Ainsi, j’ai croisé la « tour de pise », j’ai vu « Popèye », « un Mupett égaré du Mupett show », « une souris », un Ken-étoile-filante, « un Ben I hill courbé devant un corps bien fait »….

**Le départ 5h10’**
Hébergée pour courte nuit chez ma nièce Séverine qui fabrique des pâtes aussi belles que ces bijoux (http://www.remundia.com/remundia/index.php?/pages/bienvenue_fr.html)

J’ai entré dans mon téléphone - réveil à 03 : 00, celui-ci m’a répondu « horaire impossible, veuillez rentrer une autre heure » Alors j’ai compté les tours de Bures dans ma tête, ce qui m’a bien amené jusque 3h du mat’ pour me lever. (sans avoir dormi !)

Au volant de ma TATA-MOBIL, je débarque dans un brouillard à couper au couteau, en essayant de trouver une place le plus près possible car j’ai du lourd dans mon coffre…c’est alors que « rien ne va plus », on ne peut pas se garer là, et une voiture me gène pour reculer.. et j’avoue que, reculer sur 500m en plein brouillard, à 5h du mat ça me semble mission impossible, pour moi, pauvre femme au volant !! Je fini par négocier un déchargement sur place et filer faire un bon et vrai demi-tour.

Ça m’a donc coûté un retard du départ du peloton de 10’… mais ce n’était pas grâve puisque justement l’avantage de cette course, c’est que l’on peut arriver à tout moment.

Je fonce à la table d’inscription la tête un peu endormie, et là on me demande
- plus de 42 ??
- Heu, bah, non pas tout à fait, mais oui bientôt, m’enfin, drôle de question, demander l’âge d’une femme comme ça, à 5h du mat…
- Oh mais non, je vous demandais si vous faisiez + de 42km !!!

Oufff, j’ai failli démarrer avec une « vexation » dans ma tête !!

J’entame ce 1er tour, dans le brouillard le plus complet, avec ma lampe frontale (Merci Delphine), je me perds au détour d’un petit virage, comme un chat, probablement ma façon à moi de marquer le territoire !! Mais comme il est impossible de se perdre, je reviens vite sur la bonne direction.
C’est alors qu’une main se porte sur mon épaule et dit « Les chaussettes de l’Archi Duchesse… » et là, je reconnais par cette phrase notre chèr l’AB que je m’imaginais avec une grande barbe grisonnante, de taille moyenne, et le ventre qui pousse… Il n’en est rien, je suis presque déçue de voir un l’AB « beau goss » et djeun’s !!

Puis le charmant 100 bonard Danl60, qui vient me « biser » et échanger des combines pour durer plus longtemps et en même temps « mettre le paquet », il était venu pour courir 3h et m’a prise en photo, sa présence m’a fait du bien.

**Séquence remerciement**
Les présents sur place : Yoann, Vanessa, Aude, Séverine, Toto, Delphine, Mathéo, Les Calou’s : Pascale et Didier, Ric2 et son mini moi, Maria, Thierry, Caroline, Raphaël, Rachel, Emma, JP2, Danl60, l’Ab, Totoche, l’incroyable papa du Castor avec qui j’ai papoté quelques instants, et tous les bénévoles qui ont été exceptionnels sur toute la ligne en déployant une énergie incroyable.

Les présents par la pensée : Mon frère Philippe, toute ma grande famille, Nenni pour son texto et son mail rempli de précieux conseils, Les molo’s qui m’ont téléphoné plus de fois que mon banquier dans une année, Zouzou à qui j’ai bien pensé et qui n’était pas présente, Brinouille, Wimm qui aurait dû être là (absence excusée), Big Tonio, Philippe Roza, Malik, Rachid, Maxou, Christian 60, Laurent (kikou), Mielou, raztaboule, Maître Ku, MikaB, Le Sanglier, L’castor, Cécile, Valérie, Lucie, Guylaine, et le namour pour sa patience et sa tolérance

2008-04-15 11:32:26 : préparation des 12h le 18 mai 2008 - 22 photos - 80 réactions

LES 12 HEURES DE BURES S/YVETTE LE 18/05/2008
Une boucle de 2km500 à répéter pendant 12heures

Je ne sais pas si je vais appeler ça une « préparation » telle que l’on pourrait vraiment le définir, mais en tout cas l’objectif est toujours bien là. « courir 12 heures »

Petit rappel :

En 2005 : Je boucle mon 1er marathon de Paris en 4h53. C’est alors que naît en moi l’idée de me coller un objectif de « durée » et non pas de chrono, j’imagine alors que le dépassement de soi se trouve dans le dépassement du temps, du kilomètre. « aller toujours plus loin et plus longtemps »

En 2006 : A Bures j’entreprends de courir pour une durée « nouvelle » de 6h avec l’objectif de dépasser 42km190.
6h : une heure de plus que le marathon (pour moi), objectif bouclé, puisque, pour une durée de 6h je fais 52km.

En 2007 : A Bures, cette fois j’y reviens (comme Félix potin) pour cette fois une ballade de 8h.
Huit heures : une journée de travail, 3 h de plus que mon marathon, 2h de plus que l’année passée. Objectif bouclé puisque pour cette durée de 8h je conclus 64 km.

(Voir CR : http://linda.courseapied.net/billet.php?idbillet=3596 )


En 2008 : nous y voilà… Mais cette fois, je décide de faire l’intégralité des 12 heures : 7 heures de plus que mon marathon, et 4h de plus que l’année passée.

Vous noterez, M. le Juge, que je fais tout ça par étape, je monte en progression, sans exagération, aucune. Soyez indulgent !!!

En suis-je capable ??? je n’en sais rien, au jour d’aujourd’hui, j’habitue ma tête et j’entraîne mon corps à assimiler l’effort longue durée.

Ce n’est pas rien de se dire, qu’il faut ajouter 4 heures, lorsqu’au bout de 8h, on s’est trouvé rassasié du kilomètre, épuisée de la foulée, aspirée par le temps .Hier c’était « terminé » au bout de 8h… demain, « le terminus » sera au bout de 12H.

Il ne faut pas se leurrer, on ne peut pas parler de plaisir dans l’effort lorsqu’on arrive au point culminant où les muscles deviennent lourds, le souffle court, où la lassitude fait place à l’euphorie du départ, où même la barre de chocolat tant convoitée n’a plus de goût, où le sourire devient une grimace, où 1km ne fait plus 1km. Le plaisir viendra lorsque la « cloche » des 12 heures aura sonné. C’est donc sur ce principe que je vais axer mon mental.


Mais ce chemin dure 12 heures, et durant 12 heures, il s’en passe des choses dans la tête, deux questions qui reviennent toujours en boucle « pourquoi je cours ? » « j’ai pas mieux à faire ? » et, justement, trouver ces réponses, vont m’aider à aligner les kms et égrainer le temps.
Trouver de belles images, penser à des bons moments et me concentrer sur ce film.

Aussi, mon luxe serait d’avoir toujours quelqu’un à mes cotés durant chacun de mes tours, ainsi, papoter et refaire le monde m’aiderait à passer aussi le temps.
Delphine devrait m’accompagner un bout de chemin.

Le corps, ha, le corps, va-t-il suivre la tête ? En tout cas, je lui donne tout ce qu’il faut pour qu’il dure, qu’il résiste : des sorties en endurance de 3h, des « pseudo » fractionnées, des entrainements de boxe poings-pieds.

Non, M. le Juge, je n’ai pas suivi de plan tout fait avec des séances structurées, je n’aime pas les structures toutes faites, je n’aime pas les plans, je suis MES plans, mes sensations, je veux encore courir pour le plaisir, sans cardio, juste avec mon petit chrono qui me bip toutes les heures.

La seule nouveauté cette année, M. Le Juge, c’est que je m’offre un diététicien qui sera avec moi, qui me donnera la « becquée mesurée » à chaque foulée. Parceque je suis son échantillon « femme », parcequ’il a envie de boucler lui aussi son BTS Diététique.

Bref, vous verrez, si j’ai réussi mon objectif 2008 : 12h et plus de 64 km…. Affaire à suivre...


2007-12-11 16:02:48 : L 'INDIAN RACE..ou comment être trainée dans la boue! - 41 photos - 48 réactions

L’indian Race 9/12/2007.. Forêt de Montmorency




Au début ça part normal : « Dis,Zouzou, j’aimerai bien faire un 1er trail avec toi, ou miss Calou »

Comment une simple demande nous amène dans la boue, le froid, l’inconnu ….
Notez que s’est comme ci je demandais à un facteur de me poster une simple lettre.
Parcequ’avec not’ Zouzou « kamikaze » on imagine à quoi s’attendre.

Donc ma future « ex copine » me propose de faire l’Indian Race, elle me vend sa marchandise, en me disant que je vais bien m’éclater, rigoler, et passer un super dimanche.

Sûre que vendu, comme ça, je signe tout de suite.

Il faut choisir un nom d’Indien, alors je m’appellerai « CHEUCHEUCHE POITUE » un surnom que me donnait mon frère quand je suçais mon pouce et que je faisais ce bruit « cheucheuche » et pointu parceque le pousse dans la bouche, ça fait pointu !!!
Oui, c’est idiot et bête mais c’est des choses comme ça qui me font sourire, alors allons-y !!!

La course, ou plutôt le jeu :

Après m’être renseignée auprès de mes « vraies » copines (Delphine, Brinouille, Calou) sur l’équipement boue-froid-humide, je m’équipe comme une vraie pro : collant chaud, chaussure de trail, mini-guètre en kaway, blouson blanc imperméable personnalisé à Cheucheuche pointue, porte bidon, moumoute pour le coup, sifflet (remis par Zouzou), et bonnet qui déchire !!!

On est en avance au départ prévu pour 10h, après le petit café sympatoche pris chez zouzou, me voilà prète à en découdre !!

Seulement, voilà, le principe de ce jeux, est de ne pas savoir combien de km on va parcourir, ni comment est le parcourt, ils disent entre 10 et 20 km. De plus il faut pointer 12 balises.

Je n’ai jamais fait de trail, donc je n’ai aucune idée du temps que je peux mettre, donc j’adopte la stratégie de la comptable parfaite :
- Je prévois mes reserves d’énergie psychologique et physiques pour tenir 3h30, comme un budget que l’on tient fermement dans un porte monnaie.
- Pour préserver cette énergie, je prévois 3 pâtes de fruit énergétique, une toutes les heures.
- et mon bidon de 1,5 l où je décide de boire une gorgée toutes les ½ h

Je retrouve Bikoon et Picsou sur place, contente de faire leur connaissance.

Le départ est donné en fanfare sous des cris d’indiens !! Zouzou et moi partons les 1ères, ça me laisse de la marge , pour avoir toujours quelqu’un qui me dépasse et ainsi je pourrai jamais me retrouver seule.

1ère erreur, car je suis doublée en masse et reste seule dès la 1ère demi-heure.

Je dois gérer, les balises fluo roses, les obstacles au sol, la boue, et pointer les 12 balises, et surtout tenir « la marrée »

Au premier « floc » dans la boue, je souris, au 2ème floc je souris encore et lorsque ma chaussure entière reste immergée dans un trou de boue…je ne souris plus vraiment.

Après une heure de course, je croise 2 cavalières sur de beaux chevaux, je trouve ça sympa et bucolique, mais soudain, le cheval se cabre devant moi et gémit… Il parait que c’est mon bonnet qui lui a fait peur !!! La cavalière me demande de ne plus courir, j’obéis comme une élève qui a été surpris avec de l’encre sur les mains !!

Le temps défile et la boue augmente, je pointe ma 1ère balise, fière comme un « bar tabac », comme disait Coluche !!!
Je commence à faire des calculs mentaux pour conclure, qu’il y a environ 20’ entre chaque balise, ce qui me donne ma carotte pour avancer.

Seulement, voilà, je suis seule depuis bien longtemps, dans cette forêt hostile, à chercher des yeux l’arbre marqué d’un rond fluo, à regarder devant moi pour ne pas tomber dans un trou béant, ou alors me prendre une branche…oups, justement, la voilà, cette branche, je marche dessus sur le bout et elle se dresse sur mon visage… un peu comme le coup du râteau.. Je viens de comprendre l’expression « se prendre un râteau »

Je me sens un peu sonnée, comme le boxeur…mais tout va bien, je prends ma 1ère pâte de fruit et je repars au petit (mais très petit) pas de course.
J’entame la descente aux enfer : un machin bien pentu, que tu te dis, j’y vais à plat ventre ou sur la tête ? je choisis d’avancer les pieds fléchis , et, je glisse sur mes fesses pour rebondir en bas sur une belle flaque de boue.. Debout, oui je me remets vite debout, non mais !!!

3h, 2 chutes et un râteau plus tard me voilà, dans un esprit interrogatif « y’en a encore pour longtemps, maman ?? » « on arrive quand papa ? » Seulement, voilà, il n’y a ni maman, ni papa pour répondre à mes questions existentielles.

Seule pour réponse des milliers de morceaux d’arbres jonchent le sol et m’invitent à les enjamber, et le comble du comble, je ne vois plus de balises nulle part, alors j’analyse la situation : j’ai encore des forces, je n’ai pas peur du grand méchant loup, alors je fais une danse indienne qui consiste à appeler un sauveteur qui nous amènera dans le droit chemin.

Aussi, je m’interroge également sur la notion d’amitié…je ne sais pas pourquoi, je commence à penser à Zouzou comme une adversaire de boxe, mes pieds sont pris dans la boue jusqu’en haut de la cheville, il ne me reste alors que mes poings de dispo que je serre très fort, ha, je les vois bien se poser sur la bouille de cette copine, qui m’a traînée dans cette satanée boue !! Je peste toute seule….

C’est alors que 2 charmants garçons « voiture ballais » me remettent sur le droit chemin (ma danse indienne a marché !) l’un d’eux me dit « Ha c’est toi la copine à Zouzou ? hé, elle m’a dit qu’elle faisait venir une copine du tonnerre..et bien et bien…la gueule du tonnerre n’est pas frais !! »

A cet instant j’ai envie de pleurer, il me répond « Bin alors t’as pas d’humour ? »…c'est-à-dire, qu’à 3h30 d’effort dans la boue, non, j’avoue je n’ai plus d’humour Monsieur !
Dire que ce même garçon m’a dit au départ de la course… Tu arrives avec une copine tu repars avec une ennemie !!!!!
Alors je repense à cette fameuse phrase et je finis par sourire finalement, et je reprends ma route du combattant…..

Malgré tout, je suis heureuse d’arriver entière et dernière, et, surtout d’avoir pointé toutes mes balises les unes après les autres.

Après mes 3h54 d’effort…voilà, la ligne d’arrivée, et là, toute ma pseudo « haine » s’envole à cet instant où je vois ma copine Zouzou m’attendre comme une vraie copine…Et plus tard elle déterrera la hache de guère « Une tarte au citron » que je dévorerai de bon cœur !!!

Je ne dirais pas que j’ai pris du plaisir sur cette course, parce qu’en toute honnêteté, je me suis battue tout au long du parcourt à gérer mon effort sur un terrain que je n’ai jamais connu, moi qui ne fait que des courses sur route.

Je suis pourtant préparée à des long efforts d’endurance, mais toujours avec un temps ou kilométrage que l’on connaît au départ et là, dans cette épreuve, je ne pouvais pas savoir combien de temps j’allais puiser dans mon énergie.

Alors il m’a fallu une fois de plus puiser dans ma case « volonté », cette fameuse case qui se rempli et se renforce au fil du temps.

Pardon Zouzou pour t’avoir haïe le temps d’une seconde.

Merci également à mes 2 sauveurs de la fin.

Grand merci à l’association Fun’vent….. http://funevents.free.fr/

Quelques belles photos ici : http://picasaweb.google.com/Ricoulm/INDIANRACE07



2007-11-19 12:56:19 : Accroche un sourire à ta face...... - 2 photos - 24 réactions

….Qu’il dit dans sa chanson, le Grand Charles,

( Manquait plus que le peignoir mal fermé, et on avait droit à un clip Aznavour!! )

Alors en ce dimanche bien frais, à l’heure ou mon cœur ne sourit plus depuis 3 semaines, il me fallait une raison bête pour raccrocher un sourire à ma face.

Sans vouloir trop m’étaler sur ce sujet douloureux qui me donne envie d’hurler à l’injustice, un ami proche est parti après une bataille acharnée de 3 semaines, un homme bon et généreux, un père d’une petite d’un an.

Alors, en ce dimanche sans odeur et sans couleur, je me décide à partir pour une sortie de minimum 2h30, juste le temps qu’il faut pour rafraîchir et réveiller les neurones « bonne humeur ».

En fouillant dans mon placard « affaires de sport », je trouve le bonnet ridicule que j’ai acheté la semaine dernière en me disant « tiens, ça pourrait peut-être me servir un jour de délires » Je l’enfile comme un bonnet, et je constate que malgré son coté ridicule, il me tiens les oreilles au chaud et surtout il me calle bien mes oreillettes de mon MP3.

Avant de partir je passe dire à Aude « Tiens, viens voir une foldingue courir dans la rue » Elle en reste la bouche grande ouverte et finit par éclater de rire.

Je file regarder tout mon accoutrement devant la glace, et, effectivement, sans m’en rendre compte, un premier sourire s’affiche à ma face.

Alors me voilà, arpenter la ville dans ma tenue pour le moins étrange, des têtes se retournent à casi 90°, des voitures klaxonnent et me font signe de la main.

Un cycliste me croise et se retient de rire, alors je lui dit furtivement « Hé, tu peux rire, c’est fait pour ça !! » et c’est ainsi, qu’il en tombe presque de son vélo en pouffant littéralement de rire .

Je ne compte pas tous les regards éteints soudain illuminés sur mon passage.

Il faut dire, que toutes ces scènes se déroulent sans son, puisque la musique dans les oreilles, je n'entends rien de ce qui se dit, ainsi se déroule devant moi, comme un film de Charly Chaplin avec dénominateur commun entre lui e moi "un chapeau"......

Et le comble du comble, un chien se retourne sur mon passage et me regarde en levant la tête.

Des Mamies qui me demandent si tout va bien.(je lis sur les lèvres)
Des coureurs de l’autre coté du canal, qui me saluent avec un énorme sourire (qui disait que les coureurs ne se saluent pas ??)

Alors, petit à petit mon cœur sourit aussi, ces sourires sur mon passage étaient comme si le visage était une raquette, le sourire la balle de ping pong qu’on me renvoie et que je renvoie, finalement tout naturellement.
Une bien belle partie de bonne humeur, du coup s'engage tout le long de mon chemin.

Qui se soldera par un finish avec "Eyes of the tiger" dans les oreilles (chaudes) répété sur les derniers 5km!

Une bien belle sortie le long du canal de l’ourq que j’avais déjà faite avec Romain, 3 h de remise en question et de rappel à la raison, et de conclure qu’un simple bonnet peut raccrocher un sourire à la face.

2007-11-05 14:01:57 : Le Méxique, c'est magique....... - 5 photos - 43 réactions

Oui, le Mexique c’est magique : on vous dit 12h d’avion, 8 h de décalage horaire, 27° à l’ombre….
Alors on se prépare à ce voyage, presque un an de prépa, à choisir un petit bout de ce pays magnifique pour seulement 12 petits jours.
On remplit sa tête de couleurs, de chaleur, d’espoir, d’histoire, on prépare le tracé comme un parcourt marathon avec ses points de ravitaillement, ses moments de récup, ses instants de visites.
Le petit programme élaboré était le suivant : visite 3 jours à Mexico musée d'anthropologie, les jardins flottants de xochimilco, la basilique, la place des 3 cultures, Téotihuacan : "le lieu où les hommes deviennent des dieux", les temples inca, les palais et pyramides.....et pour la récup : la riviéra Maya près de Cancun, une plage insolite…

Samedi 27/10/2007 les valises sont bouclées, on oublie la crème solaire indice 50, qu’on finit par bourrer dans la petite pochette de la valise déjà débordante.. Les soucis du moment : qu’ai-je oublier ?? Rien, même les médoc pour la crève sont dans ma valises, mais si, voilà, ce que j’ai oublié… les médoc pour la Grève !!!!!

Fébrilement, avant de partir, j’allume vite fait mon ordi, pour consulter la tendance grève, je tapote ne numéro de mon vol : une phrase écrite en rouge me fait frissonner : « VOL ANNULE »…on décide tout de même de prendre le départ, le taxi nous attend….

Arrivée à Roissy, c’est la pagaille dans les sas de départ, la table de ravito n’est même pas dressée, les numéros de dossards clignotent en rouge sur le grand écran, une file d’attente où l’on attend plus rien se dessine comme la queue d’un serpent, tout le monde attend le coup de pistolet de départ… en vain. Il n’y a même pas Raymond le joyeux présentateur au micro, personne ne donne d’info, personne ne dit si la course est annulée ou reportée.

On nous avait pourtant dit 12 h de vol…il n’en est rien…en 2h de temps, on est même pas parti qu’on est déjà revenu de ce voyage qui a duré le temps d’une mise en condition, c'est-à-dire rien…zéro.. De la poudres aux yeux !!!!!

On repart, l’âme en peine…le Mexique, c’est déjà fini, plus de vol sur d’autres compagnies non plus !!!

On rentre, l’âme en peine, on défait nos valises toutes propres (même pas de lessive à faire, chouette !). Plus rien dans le frigidaire, normal on avait tout nettoyé… Alors, comme des robots on se dirige au supermarché du coin, je m’arrête devant le rayon « épices » et je choppe comme lot de consolation un pot d’épice : « Mélange mexicain »

Bon ça va, je m’en remettrai… y’a bien plus grâve dans la vie.

Le Méxique, on l’aura un jour, on l’aura !!!!

Tous les billets

www.courseapied.net - info@courseapied.net